Nicolas Sanhes est né le 10 septembre 1965 à Rodez. Entouré de ses deux frères, il grandit dans la ferme familiale exploitée par les parents.

1984. Entre à l’École des Beaux-Arts de Perpignan et découvre son premier musée, le Musée de Céret. Durant ses études, il est très vite attiré par les positions radicales d’artistes comme Elsworth Kelly ou Ad Reinhardt, qui poussent les contradictions internes de l’art à leurs limites.

1987/1989. Pour Nicolas Sanhes, le moyen plastique de ses premières années sera le goudron, matière d’un noir profond, qu’il va déployer sur de très grandes surfaces. Ces immenses « champs » noirs constituent à la fois une négation de toute forme possible et le fond sur lequel, peu de temps après, émergeront des formes à la fois nouvelles et inattendues. Cette exploration le mène directement à la sculpture. La force inhérente à la trinité équilibre-forme-espace  constitue un palier essentiel vers l’élaboration de formes d’art radicales. Celles-ci feront de la question le sujet même de l’œuvre.

1989 / 1995. De retour à Rodez, Nicolas Sanhes poursuit ses premiers travaux appelés sculptures-outils et installe peu à peu des principes formels de répétitions et de modules toujours présents aujourd’hui. Une première période fait appel aux lignes courbes, aux volumes simples. Il pense la sculpture en terme de construction mettant en place des systèmes de fabrication complexe. De cette naissance à la sculpture se caractérise par des œuvres rectilignes qui entretiennent un nouveau rapport au sol en affirmant une appartenance au mobilier. Sa première grande exposition personnelle au Musée des Beaux-Arts Denys Puech, de Rodez marque l’aboutissement de ses recherches au cours des années ruthénoises.

1995 / 1997. Nicolas Sanhes s’installe à Lyon et travaille avec la Galerie Georges Verney-Carron et l’architecte Jean-Michel Wilmotte, équipe lauréate du concours de réhabilitation de la place du Bourg à Rodez. À l’occasion de cette expérience, il aborde pour la première fois l’espace public.

1997. Nicolas Sanhes s’installe à Saint-Quentin-en-Yvelines où il vit et travaille désormais.

1997-2000. Il abandonne momentanément l’acier et débute une nouvelle série d’œuvres, qu’il nomme Évidences singulières, faites d’une accumulation de tasseaux de bois, formes émergentes et formes réceptrices d’espaces. Nicolas Sanhes réalise ces œuvres pendant la période de rémission d’un cancer qui l’aura tenu éloigné durant plusieurs mois de son atelier. Ce travail, dépourvu de tout sentimentalisme au profit d’un unique questionnement autour de la sculpture, se révélera, plus tard, comme une double interrogation sur la matérialité des choses et leurs limites mesurables.

2001-2004. Les dix tonnes d’acier de Fonte N° 1 achèvent la série des Évidences singulières. Nicolas Sanhes opère un basculement radical avec la série des Maillages, œuvres filaires réalisées en rondin d’acier, issues de la numérisation des œuvres de bois, ADN en quelque sorte des œuvres à venir. Pendant deux années, il développe ce travail pour  n’en garder qu’un jeu de lignes, semblable à un ouroboros qui deviendra le registre formel  des œuvres actuelles.

2004-2014. Nicolas Sanhes réalise des œuvres dans des formats de plus en plus importants. La maîtrise des dimensions et des contraintes techniques lui permet d’accomplir ses premières commandes publiques pour les villes de Trappes avec IPt en 2007 et de Montélimar l’année suivante avec IPm. Construite pour la ville de Valenciennes en carré H, HV11 sera en 2013 son œuvre la plus complexe réalisée à ce jour.

Ces dix années de recherches sur la ligne vont s’avérer porteuses d’une géométrie nouvelle qu’il nommera avec le critique d’art Jean-Louis Poitevin « géométrie incidente ». Nicolas Sanhes ne pense plus la ligne comme une succession de points dans l’espace mais dans son épaisseur car pour lui, elle est constituée d’une mise en relation d’un plan et d’une verticale. Pensée ainsi, elle ne peut plus lors de son déploiement dans l’espace obéir aux règles classiques de la géométrie, Nicolas Sanhes a trouvé et affirme son véritable style.

 

Biographie

© Nicolas Sanhes -   crédits      © 2015